13
novembre
2015

Pour renaître, le Moulin de Saintes perd ses ailes...

Une étape spectaculaire mais nécessaire a été franchie ce 3 novembre 2015 dans ce long processus qui aboutira à la rénovation et à la réaffectation du Moulin de Saintes.

Afin d’établir complètement l’état « sanitaire » des différentes parties du Moulin, il était nécessaire de procéder à l’enlèvement des ailes.

Porte d’entrée de Tubize, de la Province du Brabant wallon et de la Wallonie, le Moulin de Saintes porte en lui ces trois symboles identitaires qui en font un monument-phare à rénover et à réaffecter.

Le législateur ne s’y est pas trompé car dès le 4 avril 1944, un Arrêté Royal le classe comme monument en raison de sa valeur artistique, archéologique, historique et esthétique.

Les historiens font remonter sa construction à 1775. Construit sur un haut socle circulaire paré de briques et de contreforts, le Moulin de Saintes domine le paysage environnant. Constitué d’un fût tronconique en briques chaulées, il est coiffé d’une calotte tournante. Le type d’orientation « à chaise » de la toiture est un procédé que l’on ne trouve qu’en Belgique et à la frontière du département du Nord de la France.

Le mécanisme intérieur, avec son système d’engrenage, ses deux paires de meules et le moteur diesel (qui prit le relais de la force éolienne), est intégralement conservé.

On y meula le grain jusqu'au 30 juin 1975, date à laquelle le dernier meunier cessa ses activités.
Il est inscrit sur la liste de l’Institut du patrimoine wallon depuis le 10 juin 1999 ce qui lui confère un statut privilégié dans les monuments à restaurer. 

Un projet dynamique pour la région

Restauré et réaffecté à des fins culturelles sur le modèle du Blanc Moulin d’Ostiches à Ath, le Moulin de Saintes constituera le témoin le mieux conservé du Brabant wallon d’une activité économique de base qui a traversé les siècles, à savoir la production de farine.

Sa remise en fonction, par le biais de démonstrations, deviendra un outil pédagogique de premier plan tant pour des groupes scolaires et associatifs que pour des visiteurs individuels.

Cette activité contribuera à l’image d’une Commune dynamique tout en permettant de développer un projet culturel au niveau provincial et régional.

Pensons par exemple aux synergies possibles avec le Moulin d’Arenberg à Rebecq (moulin à eau).
A l’aire de l’émergence des énergies renouvelables et de la construction d’éoliennes pour la production d’électricité (dont celle de Colruyt à 1km du moulin), le sauvetage du Moulin de Saintes crée le lien entre passé et avenir et permet de perpétuer un savoir-faire venant du Moyen-Age.

Petit retour dans le rétroviseur

Le 6 décembre 2004, la Commune de Tubize a signé une convention de partenariat qui la lie à la Province du Brabant wallon, à l’Intercommunale du Brabant wallon et à l’Institut du Patrimoine wallon pour la restauration et la réaffectation du Moulin de Saintes à Tubize (classé comme monument historique par arrêté royal du 4 avril 1944).

Le 29 novembre 2005, l’Intercommunale du Brabant wallon (opérateur de la rénovation) loue le moulin aux propriétaires à titre de bail emphytéotique pour une durée de 99 ans.
Le 13 décembre 2005, une demande de Certificat de patrimoine pour la rénovation et la réaffectation du bien en centre d’interprétation a été introduite auprès de la Direction Générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine.

La première réunion du comité d’accompagnement s’est tenue le 17 janvier 2006.
Divers travaux de sauvegarde ont été entrepris à l’intérieur du bâtiment.

Ensuite, l’Intercommunale a désigné un bureau d’études spécialisé dans la rénovation des moulins afin d'inventorier l’état du monument classé et d'étudier les plans de sa rénovation.

Parallèlement, les partenaires travaillent sur le dossier nécessaire à l’obtention du Certificat de patrimoine, sésame indispensable pour financer les travaux (principalement par la Région wallonne).

Le Moulin de Saintes : une ancre dans le paysage local et régional

Le Moulin de Saintes fait partie non seulement du paysage d’une Commune et d’une région mais il occupe une place importante dans l’univers sentimental, symbolique et historique des habitants.

Idéalement situé à quelques mètres de la Flandre comme le point de départ d’une région mythique « Le Pajottenland », il a servi de sentinelle aux troupes (17.000 soldats) du Prince Frederik d’Orange durant la bataille de Waterloo en 1815, mais également de point de ralliement des troupes de libération anglaises (les Welsh Guards) en septembre 1944 où il fut le témoin d’une bataille spectaculaire suivie de la capitulation des soldats allemands en déroute.

Au bord de la route nationale 7 (Bruxelles-Tournai-Lille) et à proximité de l’autoroute A8 – E419, le Moulin jouit d’une visibilité maximale encore renforcée par la présence à ses côtés du Parc d’Activités Economiques de Saintes (Tubize1) et de son pendant en voie d’aménagement Tubize2. 

Là où, bien souvent, il faut chercher les moulins au détour d’un petit chemin de campagne, le Moulin de Saintes possède cet avantage unique de s’offrir aux regards de chacun dans ses déplacements quotidiens !

La présence à ses côtés d’un restaurant réputé, de deux éoliennes et de deux châteaux d’eau renforce encore son attractivité et son ancrage dans la vie non seulement des riverains mais de tous ceux qui fréquentent ce carrefour à titre professionnel ou privé.

La dernière possibilité de visite du Moulin fut offerte à la population le 30 juillet 2006.

Ce fut un succès populaire énorme qui obligea les organisateurs à multiplier les groupes de visites et qui renforça, s’il le fallait encore, la conviction que le Moulin est non seulement un monument classé mais surtout un symbole fort de l’ancrage local et régional qui doit recevoir la chance d’une deuxième vie.

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Categories: Actualités

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